Anathema-Distant-Satellites

[ATTENTION SPOIL :)]

Plus productifs que jamais, les talentueux liverpudliens d’Anathema poursuivent sur leur rythme d’un nouvel album studio tous les deux ans (sans compter Falling Deeper, Hindsight et le live Universal) et reviennent nous caresser les conduits auditifs le 9 juin prochain avec Distant Satellites. Une nouvelle fois enregistré et produit à Oslo par l’excellent Christer-André Cederberg, ce dixième album studio d’Anathema poursuit là où Weather Systems s’était arrêté en proposant une musique toujours aussi planante et enivrante, mais aussi plus lumineuse et positive que par le passé.

La recette est en fait assez simple: gardez le haut niveau d’écriture de Weather Systems, ajoutez-y encore plus de piano, d’orchestrations majestueuses (à la facon de celles de Falling Deeper) et de mélodies enchanteresses, saupoudrez le tout d’une fine dose de post-rock et de quelques nouveautés… et vous obtenez ce succulent Distant Satellites.

L’album s’ouvre sur les deux premières parties de “The lost song”. “The lost song part 1″ s’illsutre par sa batterie très dynamique (rappelant “Everything” sur We’re Here Because We’re here) accompagnée de magnifiques sections de cordes, tandis que les voix de Lee Douglas et Vincent Cavanagh sont une fois de plus impressionnantes de complémentarité. “

“The lost song pt.2″ présente un peu la même structure, à savoir une ouverture très sobre (emmenée par une guitare acoustique cette fois) se développant sous forme de crescendo jusqu’à un final explosif pouvant rappeler certains aspects de la musique de Mono ou Hammock. Lee assure cette fois le lead, et la justesse de son chant n’a d’égal que la beauté de son subtil vibrato. La productions aux petits oignons de Cederberg (basse  miamesque, lead guitare vaporeuse et sublimes orchestrations…) finissant d’enrober le tout de papier cadeau. Un vrai bijou.

Arrive ensuite un morceau plus sombre, comme son titre l’indique (héhé). “Dusk (dark is descending)” est en effet plus mélancolique et lancinant que les deux premiers titres de Distant Satellites, mais aussi plus pêchu. Quant au chant de Vincent, il y est une nouvelle fois somptueux, alliant émotion et justesse, notamment sur ce break d’une beauté dresseuse de pilosité (aaaah ce piano…). Le final, très réussi, achève le travail en nous prenant aux tripes et fera sans nul doute très mal en concert.

“Ariel” poursuit dans un registre assez classique: Lee se charge du chant sur une première moitié très posée, la musique allant crescendo jusqu’à ce que Vincent prenne le relais. Danny l’accompagnant de riffs denses et puissants avant de chanter lui-même la partie finale.

Anathema_1

Le tempo s’accélère sur “The lost song pt.3″ et le duo formé par Vincent et Lee fait de nouveau le bonheur de nos oreilles, mais il faut attendre la seconde moitié pour que ce titre décole réellement. Sa structure un peu trop similaire à la plupart des autres titres de Distant Satellites l’empèchant sans doute d’être plus qu’une simple “jolie chanson”. La tension remonte fort heureusement de plusieurs crans avec le poignant “Anathema”, une des  toutes meilleures compositions de l’album.  Plus sombre, à l’instar de “Dusk” ou de ce que nous proposait le groupe sur A Natural Disaster et A Fine Day to Exit, cette plage fait vibrer nos sens tout au long de ses 6’40 à la beauté  constante. Et que dire de ce solo magnifique de Danny Cavanagh? Peu importe alors que le soufflé retombe quelque peu sur l’éléctro-expérimental “You’re not alone” (dont je suis prêt à parier qu’il est l’oeuvre de Vincent Cavanagh et John Douglas héhé…) et l’orgue solennel et apaisant de “Firelight” (rappelant fortement certaines ambiances chères à Marillion (sur Brave et Misplaced Childhood notamment)), tant cet “Anathema” est un pur régal à écouter.

La fin de Distant Satellites est toute aussi maitrisée (ce qui n’a malheureusement pas toujours été le cas sur de nombreux albums du groupe): le titre éponyme introduit ainsi une nouvelle facette de la musique d’Anathema, mais en douceur, parvenant à apporter sa dose de nouvelles sonorités plus dream-pop et mélodies accrocheuses sans pour autant rompre l’unité du disque. Sans trop en dire, je pense que les nostalgique de A-ha ou de la fin des années 80 vont adorer, et que beaucoup seront agréablement surpris… LE tube de l’album, sans conteste.

“Take shelter”, dont l’ambiance colle parfaitement au titre, vient conclure ce dixième opus d’Anathema avec finesse et sobriété. Il se dégage une vraie sérénité de ce morceau aux sonorités évanescentes. L’orgie de violons de sa partie finale sur fond de rythmiques d’inspiration éléctro achevant le tout de fort belle manière, laissant l’auditeur séduit que je suis le sourire aux lèvres avec la sensation d’avoir rempli ses poumons d’une énorme bouffée d’oxygène.

Au final, ce très réussi Distant Satellites se révèle être plus homogène que ne pouvait l’être Weather Systems. Cependant, bien qu’il s’agisse a priori d’une qualité, cette unité peut également, et paradoxalement, apparaitre comme le défaut majeur (…s’il en est) du disque. Un relatif manque de variété (sans pour autant tomber dans l’écueuil fatal de la répétitivité) pouvant parfois se faire ressentir au cours de la première moitié du disque (notamment de par la structure des morceaux en crescendo), un sentiment heureusement atténué par la seconde indéniablement plus audacieuse. Quoi qu’il en soit, Anathema nous propose une fois encore un indispensable au sein de son excellente discographie. Un album à la fois mature, maitrisé et magnifique venant confirmer  l’orientation prise par le groupe ces dernières années. Un des grands albums de 2014.

9/10

(Sortie le 9 juin 2014 chez Kscope/The End records)

Tracklisting:

  1. “The Lost Song, Part 1″ – 5:53
  2. “The Lost Song, Part 2″ – 5:47
  3. “Dusk (Dark Is Descending)” – 5:59
  4. “Ariel” – 6:28
  5. “The Lost Song, Part 3″ – 5:21
  6. “Anathema” – 6:40
  7. “You’re Not Alone” – 3:26
  8. “Firelight” – 2:42
  9. “Distant Satellites” – 8:17
  10. “Take Shelter” – 6:07

Pour le pré-commander : http://anathema.ws/news.cfm