Nous voici à Saint Nazaire dans la salle du VIP pour la nouvelle tournée de Gojira en France. Et le groupe landais a eu la bonne idée d’inviter le groupe Hypno5e, qui nous a pondu l’année dernière un album, Acid Mist Tomorrow, que je pourrais facilement qualifier d’album de l’année. A noter que dès le lendemain, le groupe suisse Kruger (monstrueux en live) s’ajoute à l’affiche, et en particulier aux deux dates parisiennes au Bataclan !

Hypno5e donc, est un groupe de frenchies du sud-ouest, signés par la Klonosphère qu’on ne présente plus. J’avais eu l’occasion de les voir l’année dernière dans une toute petite salle, à Bressuire, en première partie de… Klone évidemment, et les voir maintenant en ouverture de Gojira est tout sauf une surprise !

Le concert débute donc ponctuellement à 21h et après une brève intro glaçante (“Psycho”), le groupe nous balance un “Acid Mist Tomorrow, issu de l’album éponyme, de toute beauté. Le son n’est pas encore totalement en place, mais les connaisseurs headbanguent déjà en rythme, sans se faire piéger par les multiples changements de rythmes du morceau. Les samples si chers au groupe (des phrases issues de films, livres, etc.) ressortent parfaitement et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous hurlons « et qu’ils m’accueillent… avec des cris de haine ! ». Les membres du groupe apparaissent en grande forme, déchaînés, en particulier le chanteur/guitariste. Celui-ci passe des arpèges tout en douceur aux riffs assassins en un dixième de seconde ! Mais comment gère-t-il son médiator ? Ah, ok, il n’en utilise pas ! Bluffant. Le groupe enchaîne ensuite avec “Maintained Relevance of Destruction” issu de leur premier album, Des Deux, L’Une Est L’Autre. Le son s’affine et devient excellent. Ensuite, nous avons le droit au titre “Gehenne”, issu de Acid Mist Tomorrow , un morceau de bravoure de 15 minutes (divisé en trois sur l’album) qui nous met KO. Les passages acoustiques tout en douceur renforce le côté puissant des riffs dévastateurs du morceau. Suite à ce titre, le chanteur apparaît avec un ukulélé (enfin ça y ressemble fort) et notre (mon ?) rêve se réalise : nous avons le droit à “Brume Unique Obscurité”, dernier titre de Acid Mist Tomorrow, ou tout du moins sa seconde partie, entièrement instrumentale, où les riffs monstrueux s’entremêlent avec les sonorités hispanisantes. Ce morceau est une pépite et le groupe la retranscrit parfaitement en live.

Mais Hypno5e n’en a pas fini avec nous, et nous achèvent avec “Tutuguri” issu du premier album, qui nous scotche au sol, les musiciens semblent hypnotisés (haha), courent dans tous les sens en martyrisant leur instrument ! Une conclusion parfaite à ce show ! Ces 45 minutes sont passées à une vitesse folle et le déplacement valait déjà le coup rien que pour celles-ci.

Décidément, en plus d’avoir pondu un des meilleurs albums de 2012 (voire le meilleur à mon sens), Hypno5e confirment qu’ils sont en plus une petite tuerie en concert !

Setlist Hypno5e (normalement bonne) :

  • Psycho
  • Acid Mist Tomorrow
  • Maintained Relevance of Destruction (Part II)
  • Gehenne (Part I)
  • Gehenne (Part II)
  • Gehenne (Part III)
  • Brume Unique Obscurite (Part II)
  • Tutuguri

Place à Gojira désormais !

N’ayant pas écouté l’Enfant Sauvage et ayant décroché rapidement de The Way of all Flesh, j’avoue que je ne savais pas trop à quoi m’attendre ce soir.

Finalement, tuons le suspense, Gojira reste Gojira, et sans surprise, le groupe est devenu une machine de guerre. Devant un public tout à coup déchaîné, le groupe alterne entre les 3 derniers albums, avec une petite excursion très plaisante dans le passé avec le puissant “Remembrances”, que j’espérais secrètement. Les morceaux de From Mars to Sirius passent toujours aussi bien en live, et “Flying Whales” m’a encore fait très mal, comme la première fois où je les ai vus en 2005. Pour autant, les nouveaux morceaux passent à mon goût un peu moins bien. Non pas qu’ils soient mauvais, loin de là, mais je trouve qu’il manque un petit quelque chose. Les structures des compositions semblent moins complexes, et le titre joué en rappel en est un bon exemple : j’avais l’impression bizarre d’entendre le riff de “Global Warming”, mais sans sa complexité (qui doit d’ailleurs rendre le morceau injouable en live :p). Curieux sentiment… Mais cela n’empêche pas le public présent de prendre son pied, et je pense que mes réserves sont plus dues à une évolution de mes goûts et au fait que je n’ai pas écoute l’Enfant Sauvage avant ce concert mais on ne refait pas, et je préfère définitivement le vieux Gojira. Enfin, il faut souligner les quelques surprises concoctées par le groupe, avec une inversion des postes Jo/Mario le temps d’un morceau (quelle voix ce Mario !), et un intermède joué par Gojiro, l’équipe technique de Gojira.

Au final, Gojira joue toujours aussi bien, même si 1h15, on pourrait trouver ça court, mais le groupe était clairement heureux d’être là (comme toujours en même temps ^^), et le public le lui a bien rendu. Malgré quelques petites réserves personnelles, on peut sans problème dire que nous avons passé un excellent moment ! Et on peut aussi souligner le petit message de Jo Duplantier pour l’association écologique Sea Shepherd, présente au VIP, dont il est un excellent ambassadeur.

Setlist Gojira :

  • Explosia
  • Flying Whales
  • Backbone
  • The Heaviest Matter of the Universe
  • L’Enfant Sauvage
  • Liquid Fire
  • Remembrance
  • Wisdom Comes
  • Oroborus
  • Solo batterie
  • The Axe
  • Vacuity
  • The Gift of Guilt (Encore)

Toutes les photos de cette date sont disponibles sur la page Facebook : Erwan Vincent Live Pics / concerts-photos.com

Un grand merci à Klonosphère et Marion pour le pass photo !